Si l’impression 3D n’est pas aujourd’hui très répandue auprès du grand public, il y a des signes qui ne trompent pas et qui permettent de prédire son arrivée imminente et permanente dans nos vies. Outre le nombre d’articles sur la toile, les villes qui mettent à disposition des imprimantes, les enseignants qui s’approprient l’outil dans un but pédagogique… on constate surtout que les gens s’équipent : comme le relate un article de lemondeinformatique.fr (Fabrice Alessi – 11 janvier 2018), le marché des imprimantes 3D personnelles a fait un bond de + 22 % au 3ème trimestre 2017. Et l’on peut parier que d’ici 10 à 20 ans il y en aura partout autour de nous.

L’impression 3D ? Pour le plaisir de créer

Vous souhaitez offrir un cadeau à quelqu’un que vous aimez ? En utilisant l’impression 3D, vous avez la possibilité de créer l’objet que vous voulez tel que vous l’imaginez, en le personnalisant pour la personne à laquelle vous le destinez. Vous aurez ainsi du plaisir à le concevoir, mais aussi du plaisir à l’offrir, car la personne qui le recevra sera touchée par le fait que vous vous soyez impliqué et appliqué pour elle. On retrouve ainsi la fierté de faire soi-même, comme lorqu’un enfant offre son dessin.

L’impression 3D : source de lien social et d’apprentissage ; outil citoyen !

Si vous avez acquis des compétences en conception 3D, vous ne pouvez tout maîtriser et vous avez besoin des autres pour avancer. Vous ne créez donc pas que des objets, vous tissez aussi du lien social. Se trouve-t-il une once de lien social lorsque l’on parcourt les rangées d’un supermarché en remplissant un charriot avant de passer en caisse, vite vite tant on se sent mal à l’aise dans ce monstre de rentabilité logistique où l’humain est une data ? Si, pour l’alimentaire, ceux qui veulent fuir les grandes surfaces peuvent aller sur les marchés, il y a de moins en moins de place dans nos centres villes pour le petit commerce des objets du quotidien. Avec l’impression 3D se met en marche une petite révolution qui va avoir de grands effets. Par exemple, lorsque vous constaterez le besoin que vous avez d’un objet, vous pourrez pousser la porte d’un artisan 3D et discuter avec lui des dimensions de l’objet, des modifications que vous souhaitez y apporter par rapport aux objets similaires que vous avez déjà vu, des matériaux d’impression les plus adaptés, etc. Et l’artisan pourra prendre en charge la partie du processus qui vous est la plus malaisée, qaue ce soit la conception numérique de l’objet, son impression ou le traitement nécessaire après l’impression. Vous trouverez cela un peu cher au début, mais cet artisan, grâce à ce procédé, vous redonne la possibilité de savoir comment et où sont fabriqués les objets de votre quotidien. Et vous comprendrez que cette maîtrise offerte sur la production de votre objet n’a pas de prix !

Et puis, petit-à-petit, vous vous équiperez, vous apprendrez, vous irez vers d’autres personnes qui pourront vous aider sur d’autres questions, et vous vous mettrez à imaginez toutes sortes d’objets : des objets pratiques ou fantaisistes, ou les deux à la fois ; des objets pour vous ou pour offrir ; et pourquoi pas des objets artistiques ? Je prédie ici que votre créativité, étant de plus en plus sollicitée, exercée et efficace, sera une source de plaisir incommensurable, que vous vous complairez dans cette ‘slow production’ qui aura changé votre regard sur vous-même, sur le monde, sur votre façon d’agir et d’envisager la vie. Et c’est cette transformation au coeur de nos vies et de nos échanges qui me fait affirmer ici que l’impression 3D est un outil hautement bénéfique pour le vivre-ensemble, un outil citoyen.

Pourquoi le logiciel OpenSCAD ?

Vous vous demandez par où commencer ? Alors téléchargez le logiciel OpenSCAD et ouvrez-le : vous ne pourrez que constater l’extrême simplicité de son interface. Dans la fenêtre d’édition, à gauche, écrivez ‘sphere(r=20);‘ puis appuyez sur la touche F5, et hop ! Vous voyez apparaître votre première conception. Et vous pourriez imprimer ou faire imprimer cctte sphere, symbole de mouvement, comme signe des transformations à venir…

OpenSCAD est un logiciel libre qui nécessite donc d’écrire du code. Cela peut sembler rebutant au début, mais lorsque l’on est, comme je le suis, plutôt désavantagé en ce qui concerne la représentation graphique, cela devient vite un avantage. En utilisant OpenSCAD, on travaille des bases d’algorithmie et des notions de mathématiques du collège et du lycée. Il permet donc de mieux assimiler certaines notions vues à l’école, comme les nombres négatifs, la géométrie dans l’espace, l’étude des fonctions, les algorithmes, etc. Et cela ne vous empêchera pas de réaliser des objets hautement esthétiques, car les artistes eux-même savent à quel point les mathématique sont sources de beauté. L’esthétisme de la Tour Eiffel, par exemple, est d’abord due à sa forme exponentielle. Et le Parthénon doit en partie son harmonie à l’utilisation du nombre d’or, qui provient d’abord d’un questionnement mathématique sur les proportions. Et tout cet esthétisme mathématique peut-être exploité avec OpenSCAD. Et si vous vous dites que cela n’est pas pour vous, que vous n’aurez pas la patience d’apprendre, je vous assure que chaque pas est une source de satisfaction et que chaque nouvel élément appris, on démultiplie ses capacités créatrices. Par exemple, avec la simple commande ‘cube’, on peut imaginer des escaliers ou une pyramide.

Avec OpenSCAD, on développe donc son esprit logique autant que son esptrit créatif. Et je suis convaincu que ce logiciel a un rôle à jouer dans la transformation de l’enseignement à venir. Car qu’y a-t-il de plus satisfaisant que de créer en même temps que l’on s’instruit, dans un échange fructueux avec autrui ? Pouvoir faire tout cela, chez soi ou dans un espace dédié, avec une machine qui tient sur un coin de table, c’est tout simplement une bénédiction.

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