Covoiturage et service public

Liberté, égalité, covoiturage !

Tout d’abord, je souhaite dire un petit mot sur la raison qui fait que cet article de société se trouve dans ce blog dédié à l’impression 3D. Cela est simplement dû au fait que je ne compte pas créer un blog à article unique1. Et puis, c’est mon blog, alors j’écris ce qui me plaît, et pour une fois que je pense avoir une bonne idée, je crois qu’elle vaut le coup d’être diffusée. Et donc, je me lance.

Blablacar en quelques dates et chiffres

Blablacar est une plateforme communautaire payante de covoiturage proposée par la société Comuto (merci Wikipédia). Créée en 2004 sous le nom de Covoiturage.fr, son P.D.G. actuel, Frédéric Mazzella, en a rachaté le nom de domaine en 2006. En 2008, Covoiturage.fr est le site de covoiturage le plus utilisé en France. Et c’est à partir de 2009 que démarre l’expansion de la société Comuto à l’étranger : l’Espagne d’abord ; puis le Royaume-Uni, en 2011 ; l’Italie, le Portugal, la Pologne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique en 2012 ; l’Ukraine, la Russie et la Turquie en 2014 ; l’Inde, la Hongrie, la Roumanie, et même le Mexique et le Brésil en 2015. Tiens ! Ils ne sont pas implantés aux Etats-Unis ! Le nom Blablacar, lui, apparaît en 2012 dans la version anglaise du site et c’est en avril 2013 que Covoiturage.fr est rebaptisé Blablacar en France.

En 2015, Blablacar comptait 20 millions d’utilisateurs, ce qui en fait le leader mondial du covoiturage. La distance moyenne des trajets de covoiturage est de 330 km. Et c’est en 2011 que la mise en relation entre usagers est devenue payante : 1,60 € pour les trajets dont le coût est inférieur à 8 €, de 20 % jusqu’à un coût de 20,80 €, et dégressive en pourcentage au-delà.

Mon avis d’utilisateur

En tant qu’utilisateur 2, je propose très régulièrement mes trajets sur Blablacar. Et la principale raison est financière : j’apprécie beaucoup de pouvoir diminuer mes frais de transports. La seconde raison en est que cela me permet de passer des trajets agréables, conviviaux et enrichissants, car on y rencontre des gens de tous horizons. J’apprécie également le système de notation, qui permet d’éviter les fâcheux. De mon côté, je fais l’effort d’être ponctuel, prudent et, autant que faire se peut, arrangeant ; je n’apprécierais pas d’avoir affaire à des gens qui en demande toujours plus, car il y en a.

Et si je peux me permettre de donner mon avis concernant les frais prélevés pour le service de mise en relation, je dirais que je trouve cela normal de payer un si bon service. Créer une plateforme, ça a un coût. Et avoir des gens qui se creusent la tête pour que le processus demandé à l’utilisateur soit simplifié et sécurisé, cela a également un coût.

Donc, vous l’aurez compris, je n’ai aucun problème avec Blablacar. Et si demain la société Comuto se voit contrainte de baisser ces frais parce qu’elle se trouve en concurrence avec une autre société, ce sera bien aussi.

Mais alors, pourquoi demander une nationalisation de Blablacar ?

Je vous l’avoue tout ne suite, mon propos n’est pas exactement la nationalisation de Blablacar.

Voici donc l’idée que je souhaite échanger avec vous.

D’un côté, il y a la difficulté financière d’entretenir des lignes de train dans certaines parties du territoire : cela est évidemment extrêmement coûteux.

Pour autant, il est hors de question de laisser tomber les personnes qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas de véhicule personnel, et souhaite pouvoir compter sur les transports en commun, même dans des zones ‘reculées’.

Alors pourquoi ne pas profiter de l’expérience et de la force de frappe de Blablacar 3 pour aider les personnes qui ont un besoin vital d’un bon service public de transport ?

Voici comment cela pourrait s’articuler :

  1. Les personnes en difficultés financières pourraient apparaître sur la plateforme comme covoitureurs ‘privilégiés’.
  2. Pour inciter les conducteurs à les prendre en charge, quitte à faire un détour, on pourrait doubler leur dédommagement.
  3. Ce dédommagement serait pris en charge par les pouvoirs publics.

L’articulation de ces trois ‘principes’ permettrait à l’Etat d’apporter son aide à moindre frais, car il est plus avantageux de payer un trajet réellement effectué que d’entretenir une voie de chemin de fer.

Un service au public par le public

J’aimerais bien pouvoir me transporter dans le futur pour anticiper la réception de cet article, car il n’est pas dans mes habitudes de participer aux débats publics. Sera-t-il lu ? Quelqu’un trouvera-t-il cette idée intéressante ? Ou bien complètement saugrenue ?

Pourtant, je ne peux m’empêcher d’entendre les critiques de ceux qui crient toujours à la casse du service public !

Et à ceux-là, par anticipation, je souhaite répondre. D’abord, on ne peut pas imaginer avoir des trains ou des bus qui passent partout pour déservir les coins les plus isolés. Ensuite, ce serait un programme assez peu coûteux qui rendrait un service extrêmement utile à tout un tas de gens. Et enfin, ce serait un ‘service public’ dans le sens où se serait un service au public par le public .

1 Quoique le concept de one-paper-blog, ça pète !

2 Pour ma part, j’utilise les services de Blablacar depuis 2013, et je vous informe que j’ai reçu le titre d »ambassadeur’ de la marque (oui monsieur !) . Je suis donc des plus qualifiés, ma petite dame, pour donner l’avis qui suit. Par contre, je ne sais pas si Comuto appréciera mon initiative…

3 La société Comuto expérimente depuis mai 2017 le service Blablalines, qui concerne le covoiturage appliqué aux trajets quotidiens.

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